LOI CANADIENNE REDUISANT LES LIBERTES INDIVIDUELLES
définitivement adoptée début décembre 2001
Par François Legras issus du site : http://www.wsws.org/francais/index.shtml
19 novembre 2001 Le gouvernement libéral du Premier ministre canadien Jean Chrétien
s'apprête à adopter une loi antiterroriste qui marque une rupture fondamentale avec
certaines traditions de la jurisprudence britannique historiquement développées dans la
lutte contre l'arbitraire et l'absolutisme.Le projet de loi C-36 introduit une série de
précédents : une définition, très large, du terrorisme; des pouvoirs accrus
d'arrestation, de détention et d'enquête; l'extension de l'écoute électronique; le
secret dans les procédures judiciaires; des pouvoirs discrétionnaires permettant de
limiter la divulgation de la preuve et le droit à une défense pleine et entière. Ils
constituent dans leur ensemble une remise en question des droits démocratiques les plus
élémentaires.L'ampleur de cet assaut légal est indiquée par le vaste champ couvert.
Totalisant plus de cent cinquante pages réparties en six sections, le projet de loi vient
modifier vingt-deux lois existantes et en créer deux nouvelles. Les lois modifiées
portent notamment sur les libertés individuelles (Code criminel, loi sur le
service correctionnel), la protection de la vie privée (loi sur l'accès à
l'information, loi canadienne des droits de la personne), la nature des
pouvoirs de l'exécutif et des services secrets (loi sur les services canadiens de
renseignement de sécurité, loi sur la défense nationale).Le projet de loi C-36 a
été sévèrement critiqué par des organismes de défense des droits et libertés, par
des associations d'immigrants comme la Fédération arabe canadienne et par des
associations d'avocats. Le Barreau du Québec, par exemple, a fait savoir que «certaines
dispositions de la loi C-36 entraîneront des violations aux droits reconnus par la
Charte» et averti que ce serait «une erreur de penser que cette loi ne sera pas
éventuellement utilisée contre des Canadiennes et des Canadiens qui ne sont pas des
terroristes».Le projet de loi a été par contre chaudement accueilli dans les médias
canadiens qui jouent depuis le 11 septembre un rôle clé dans la création et le maintien
d'un climat d'hystérie et de peur nécessaire pour étouffer tout esprit critique au sein
de la population. Quand vient le temps de défendre les droits démocratiques,
l'«opposition» parlementaire n'existe plus qu'en nom. Seul le NPD social-démocrate a
voté contre le projet de loi C-36. Le débat parlementaire a surtout porté sur la
question de savoir s'il fallait en limiter la portée dans le temps, mesure que le
gouvernement libéral refuse jusqu'à maintenant d'introduire.
Définition du terrorisme
La notion d'activité «terroriste» n'existait jusqu'à présent que dans
la loi sur l'immigration, dans le but d'interdire l'entrée au pays à des immigrants
soupçonnés d'une telle activité.S'il en est ainsi, c'est en partie parce que les
représentants du ministère de la Justice se sont toujours butés à une tâche
insurmontable lorsqu'ils avaient à donner une définition du terrorisme tout en gardant
une certaine confiance qu'elle soit dans les limites du droit et qu'elle ne s'applique pas
à tous les gestes de dissidences qui n'ont rien à voir avec le terrorisme. De plus, le
code criminel prévoit déjà des peines sévères pour tous les gestes généralement
associés au terrorisme, que ce soit l'assassinat, l'attentat à la bombe, le
détournement d'avion et le reste.En introduisant cette notion dans le code criminel, le
projet de loi C-36 crée une nouvelle catégorie de crimes, les crimes pour motifs
«politiques» pour lesquels l'État aura des pouvoirs spéciaux d'enquêtes et de
poursuite. Il suffira désormais aux autorités, sur la base de cette définition
extensible à volonté, d'établir qu'il y a «terrorisme» pour se donner aussitôt des
pouvoirs spéciaux tout en augmentant la sévérité des peines encourues.La loi C-36
commence par une énumération de 35 crimes qui en vertu de dix accords et protocoles
internationaux, sont reconnus comme des actes terroristes. Ensuite, dans une deuxième
section, elle définit comme terroriste tout «acte, action ou omission, commise au Canada
ou à l'étranger... commis, notamment au nom d'un but, d'un objectif ou d'une cause de
nature politique, religieuse ou idéologique» et qui vise entre autres à «causer des
blessures graves à une personne ou la mort de celle-ci», «à compromettre gravement la
santé ou la sécurité de tout ou partie de la population», «à causer des dommages
matériels considérables» ou encore «à perturber gravement ou à paralyser des
services, installations ou systèmes essentiels».Cette dernière clause est
particulièrement lourde de conséquences, puisqu'en conjonction avec une autre partie de
la clause qui mentionne les menaces à la «sécurité économique», elle pourrait être
utilisée pour déclarer terroriste des grèves, des barrages et d'autres gestes de
désobéissance civile, et menacer les participants de lourdes peines.Le projet de loi
exclut expressément une grève ou une manifestation légale. Une grève illégale
pourrait donc être considérée comme un acte terroriste, dans le secteur de la santé
par exemple, où le gouvernement pourrait arguer, comme il l'a fait à maintes reprises,
qu'elle met en danger la «sécurité de la population» et paralyse des «services
essentiels».Une campagne organisée au Canada en soutien à des environnementalistes à
l'étranger qui bloquent la route à un convoi transportant du matériel nucléaire
pourrait aussi tomber sous l'accusation de terrorisme. Fait important, plusieurs
politiciens, pour ou contre l'inclusion d'une telle définition du terrorisme dans le
projet de loi C-36, ont admis qu'elle serait applicable aux manifestations
«anti-mondialisation» organisées à l'occasion du Sommet de Québec d'avril
dernier.Dans la définition de ce qu'est un acte terroriste, la loi C-36 inclut aussi le
complot ou la menace de commettre un tel acte ou encore inciter une personne à en
commettre un. Le professeur de droit de l'Université de Toronto, Kent Roach, explique que
«la très large définition de ce qu'est un acte terroriste est ensuite étendue pour
créer de nouveaux délits comme... participer aux activités ou héberger ceux qui ont
commis des actes terroristes. Ces crimes vagues, qui visent des activités qui se
produisent bien avant les actes terroristes eux-mêmes, servent à leur tour à inclure
des crimes encore plus flous comme la conspiration, l'intention de commettre un crime ou
des menaces dans la définition du terrorisme. Cela a pour effet global de donner une
large prise à la loi criminelle de façon complexe et qui manque de clarté et de
contraintes».
Augmenter les pouvoirs de l'État
Alors qu'il était jusqu'ici admis que plus la sanction prévue est grave,
plus il fallait protéger le droit constitutionnel d'un accusé à un procès public et
équitable, le projet de loi C-36 introduit des règles de preuves et de procédures qui
donnent des moyens exorbitants au pouvoir exécutif sans que celui-ci ne soit soumis au
pouvoir traditionnel de surveillance des tribunaux.Parmi ces nouveaux pouvoirs
d'arrestation, de détention et d'enquête, citons les cas suivants:- Un policier pourra,
s'il a des motifs raisonnables de soupçonner qu'une ordonnance est nécessaire
pour éviter la mise à exécution d'une activité terroriste, arrêter une personne
sans mandat ou déposer une dénonciation devant un juge. Le critère habituel de
«croire» au lieu de «soupçonner» avait toujours été justifié par les tribunaux
pour lutter contre l'arbitraire.- Un policier pourra, par exception aux règles en
matière d'identification, exiger une prise d'empreinte et de photo dès la mise sous
garde de l'individu. Ce processus permettra, aux agents de la paix de ficher des individus
sans qu'ils ne soient ni inculpés d'une infraction ou soumis à une ordonnance
judiciaire.- L'individu arrêté pourra être détenu pour une période allant jusqu'à 72
heures, sans que celui-ci ne soit inculpé d'aucune infraction criminelle.Collaborant avec
les procureurs de la Couronne, les forces de sécurité auront le nouveau pouvoir
d'obliger à témoigner, sous peine d'emprisonner, lors d'auditions d'enquête tenues à
huis clos et présidé par un juge. Même si la loi C-36 indique que la preuve assemblée
lors de telles auditions ne peut être utilisée contre la personne qui a été forcée de
témoigner, une telle façon de procéder représente une attaque au droit depuis
longtemps établi de garder le silence.- Le procureur général pourra émettre des
certificats pour interdire de façon permanente aux personnes ayant eu connaissance des
informations recueillies lors d'une enquête sur le terrorisme.- Contrairement aux règles
en la matière, lors d'une demande d'autorisation d'écoute électronique, le policier
n'aura pas à démontrer sous serment que d'autres méthodes d'enquête ont été
essayées et pourquoi il ne serait pas pratique de mener l'enquête par d'autres
méthodes. Cet accès plus facile à l'écoute électronique est déjà en vigueur dans la
loi antigang.
La chasse aux sorcières des «groupes terroristes» et la liste
noire
La loi va aussi définir ce qu'est un «groupe terroriste» et permettre
au gouverneur en conseil, sur la recommandation du solliciteur général, de créer une
liste noire d'organismes reliés ou ayant participé à une activité terroriste, même
très superficiellement.La définition très large de la participation qui est donnée
fait en sorte qu'arbitrairement des groupes qui ne représentent aucun danger pour la
sécurité pourront y être inscrit. Le fait de donner ou d'acquérir de la formation, de
mettre des compétences ou une expertise à la disposition de quiconque, ou de fréquenter
une personne qui fait partie d'un groupe terroriste, sera considéré comme étant de la
participation à une activité terroriste.Une autre mesure antidémocratique, celle-ci
reliée à la procédure même d'inscription sur la liste des groupes terroristes.La liste
est constituée sans audition ou examen judiciaire. Ce n'est que lorsque la liste est
complétée, qu'un groupe visé peut demander la révision de la décision à un juge de
la Cour fédérale. Pour rendre les choses plus difficiles encore, lors de l'audition, le
procureur général peut, au nom de la sécurité des relations internationales, de la
sécurité ou de la défense nationale concepts très larges et extensibles- demander
la permission de présenter sa preuve à huit clos et demander que les informations qu'il
va présenter ne soient pas divulguées à l'entité.
Créer un climat de suspicion et de délation
La loi crée une nouvelle obligation de délation. Toutes personnes au
Canada et tout Canadien à l'étranger ainsi que les banques, les caisses, les compagnies
d'assurances, les sociétés de fiducie, les gestionnaires de portefeuilles, les
conseillers en placements et les courtiers en valeurs mobilières, se voient imposer une
obligation de dénoncer ceux qu'ils suspecteraient de terrorisme.Pour les institutions
financières, cette obligation est établie «sur une base continue» et elles
auront l'obligation de présenter un rapport mensuel à cet effet. Les personnes ont la
même obligation de délation et devront informer sans délai la GRC et le SCRS. Le
défaut de se conformer à cette obligation peut entraîner une peine d'emprisonnement de
dix ans.Le gouvernement peut agir sur la base d'informations secrètes, partielles,
généralement reconnues comme n'étant pas ou peu fiables, obtenues illégalement, (selon
les normes actuelles développées par les tribunaux sous la Charte), et c'est aux
personnes de confronter ensuite toute la puissance de l'appareil d'État pour convaincre
le juge qu'il y a erreur et ce, sans même connaître les faits qui leur sont reprochés.
Le centre de la sécurité des télécommunications une agence
d'espionnage contre les citoyens canadiens.
Le préambule de la loi antiterroriste mentionne aussi que seront
clarifiés les «pouvoirs du Centre de la sécurité des télécommunications» (CST), un
euphémisme pour dire que ses pouvoirs seront très largement étendus et que le CST
deviendra une agence d'espionnage contre les individus en sol canadien.Le CST est un
organisme qui avait pour mandat d'intercepter des communications provenant de l'étranger
ou des communications entre des étrangers et des Canadiens pour motif de sécurité
nationale et de contre-espionnage. L'organisme a été créé durant la période de la
guerre froide et il lui était spécifiquement interdit d'utiliser ses pouvoirs
d'espionnage contre les citoyens canadiens communiquant entre eux.Son rôle sera
dorénavant élargi pour permettre l'espionnage des personnes en sol canadien. Sur
autorisation du ministre, il peut y avoir de l'écoute électronique, et interception de
courrier électronique ou toute information transigeant via l'«infrastructure mondiale»
de l'information. L'internet sera particulièrement visé par ces changements. Depuis les
manifestations anti-mondialisations de Seattle, les forces de sécurité, celle du Canada
comme celle d'ailleurs, se sont plaint du fait qu'elles n'avaient pas de pouvoir en vertu
de la loi d'espionner les communications sur l'internet. La loi C-36, particulièrement en
ce qui concerne sa définition de l'acte terroriste, fait beaucoup pour répondre à leurs
demandes.Il y a trente ans, Jean Chrétien était ministre du gouvernement libéral de
Trudeau quand ce dernier avait invoqué la Loi des mesures de guerre déclarant
frauduleusement que les deux enlèvements par le Front de libération du Québec
constituaient une «insurrection appréhendée». La loi C-36 ne donne pas au gouvernement
le pouvoir arbitraire que lui donne la Loi des mesures de guerre de suspendre les
libertés civiles fondamentales. Mais les changements qu'elle préconise seront permanents
et établiront des précédents judiciaires et politiques lourds de conséquences.
Une autre source d'information
La loi antiterroriste canadienne et ses implications pour le Web [] ( 16 octobre 2001 )
Après
les États-Unis et le Royaume-Uni, c'est au tour du Canada de présenter un projet de loi
antiterroriste. Bien que ce ne soit pas sa préoccupation première, ledit projet aura des
conséquences sur le Web canadien. Les agences de surveillance électronique seront les
premières bénéficiaires de ce nouveau projet de loi. Le Centre de la sécurité des
télécommunications (CST), l'équivalent canadien de la National Security Agency (NSA)
américaine, verrait la Loi sur la défense nationale amendée afin de pouvoir plus
facilement intercepter les communications visant des entités étrangères. La mesure
aurait pour objectif de recueillir à l'étranger des renseignements concernant des
groupes terroristes menaçant la sécurité nationale canadienne. Le ministre de la
Défense nationale, Art Eggleton, se verrait confier le rôle de protecteur de la vie
privée, puisque c'est sa permission que le CST devrait obtenir pour intercepter des
communications privées. Pour obtenir le droit de procéder à de la surveillance
électronique, les autorités n'auraient plus à prouver que celle-ci est l'ultime recours
possible lorsqu'il s'agit d'enquête sur des terroristes. De plus, ces autorisations,
émises par la Cour supérieure, seraient dorénavant valables pendant un an plutôt que
les 60 jours actuels. Les autorités pourraient finalement attendre jusqu'à trois ans
après la fin de l'opération avant d'être forcées d'informer les présumés terroristes
de l'opération dont ils ont été la cible. Le rallongement des délais est attribué à
la complexité des enquêtes sur ces dossiers et au temps que mettent les terroristes à
mijoter leurs coups. Liberté d'expression...
Le Code criminel sera
lui aussi amendé, notamment afin de permettre aux tribunaux canadiens d'ordonner la
suppression de propagande haineuse accessible au public, via un site Web par exemple. Les
mesures seraient applicables aux contenus hébergés sur des systèmes informatiques
canadiens, peu importe le lieu de résidence de leur propriétaire. Il ne serait même pas
nécessaire de connaître l'identité de celui-ci. Un débat à ce sujet existe
présentement en France, conséquence d'un procès concernant l'hébergeur gratuit
front14.org, un hébergeur «pour les Blancs»...
Finalement, l'utilisation du téléphone, d'Internet ou de tout autre moyen de télécommunications à des fins de haine ou de discrimination serait également interdite dans la Loi canadienne sur les droits de la personne.
[] Jean-François Codère
Le communiqué détaillé du gouvernement
canadien
15 octobre 2001
LE GOUVERNEMENT DU CANADA DÉPOSE UN PROJET DE LOI ANTITERRORISTE
OTTAWA, le 15 octobre 2001 Le gouvernement du Canada a déposé aujourdhui devant la Chambre des communes un nouveau train de mesures antiterroristes dans le cadre de son Plan antiterroriste. Ce train de mesures vise les organisations terroristes et renforce linvestigation, les poursuites et la prévention des activités terroristes tant au Canada quà létranger.
La ministre de la Justice et procureure générale du Canada, lhonorable Anne McLellan, le solliciteur général du Canada, lhonorable Lawrence MacAuley, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, lhonorable John Manley, ont annoncé les détails de la Loi antiterroriste proposée.
« Les attentats horribles du 11 septembre dernier nous ont rappelé quil nous faut continuer à collaborer avec dautres pays afin de lutter contre le terrorisme et dassurer que tous ceux qui appuient, planifient et exécutent des actes de terreurs subiront la pleine force de la loi. Nous leur couperons les vivres, nous les trouverons et nous les punirons », a déclaré la ministre McLellan.
Le Plan antiterroriste du gouvernement du Canada a quatre objectifs :
Empêcher les terroristes dentrer au Canada et protéger les Canadiens et les Canadiennes contre les actes de terrorisme; Fournir des outils permettant didentifier, de poursuivre en justice, de condamner et de punir les terroristes; Empêcher que la frontière entre le Canada et les États-Unis ne soit prise en otage par les terroristes, ce qui aurait des répercussions sur léconomie du Canada; Collaborer avec la communauté internationale pour traduire les terroristes en justice et aborder les causes profondes de la haine qui les anime.
« En tant que pays, nous devons être en mesure dassurer notre sûreté et notre sécurité. Cette législation dotera nos organismes dapplication de la loi et les agences de la sécurité nationale doutils pour identifier et démanteler les organisations terroristes et pour prévenir les actes terroristes », a déclaré le ministre MacAulay.
« Ces mesures correspondent aux actions de nos alliés, a déclaré le ministre Manley. Elles constituent un élément important de lengagement pris par le Canada de se joindre à ses partenaires internationaux afin de confronter et déradiquer le terrorisme de par le monde. »
La Loi antiterroriste proposée comprend des mesures visant à identifier, poursuivre en justice, condamner et punir les terroristes, notamment :
définir et désigner des groupes et activités terroristes, afin de faciliter la poursuite en justice des terroristes et de ceux qui les appuient; rendre illégal le fait de participer, de contribuer sciemment aux activités dun groupe terroriste ou de les faciliter, ou de donner à quiconque linstruction de mener une activité terroriste ou une activité au nom dun groupe terroriste; rendre illégal le fait de donner sciemment refuge à un terroriste; créer des peines et des dispositions relatives à la libération conditionnelle plus sévères dans le cas dinfractions commises par les terroristes; tarir les sources de financement des terroristes en rendant illégales la collecte et la distribution de fonds, directes ou indirectes, destinées à soutenir la perpétration dactes terroristes, en refusant ou en radiant le statut dorganisation de bienfaisance aux groupes terroristes, en facilitant ainsi le gel et la confiscation de leurs biens; ratifier deux conventions antiterroristes des Nations Unies, soit la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme et la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à lexplosif ainsi que la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.
Le projet de loi fournira aux organismes chargés dappliquer la loi et dassurer la sécurité nationale de nouveaux moyens denquête qui leur permettront de mieux se renseigner sur les terroristes et groupes terroristes, de les poursuivre en justice, et de protéger les Canadiens et les Canadiennes contre des actes terroristes, notamment :
faciliter le recours à lécoute électronique contre les organisations terroristes; créer de nouvelles infractions interdisant la divulgation illégale de certains renseignements dintérêt national; modifier la Loi sur la preuve au Canada pour empêcher la divulgation de renseignements dintérêt national en salle daudience ou à loccasion dautres procédures judiciaires; modifier la Loi sur la Défense nationale pour prolonger et clarifier le mandat du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) dintercepter des communications étrangères; permettre, sous des contrôles stricts, larrestation, la détention et, lorsquil y a lieu, limposition de conditions de libération de personnes soupçonnées de terrorisme afin dempêcher des actes de terrorisme et de sauver des vies; exiger que des personnes possédant des renseignements sur un groupe terroriste ou une infraction liée au terrorisme soient traduites devant un juge afin de divulguer cette information; étendre aux terroristes les dispositions relatives aux prélèvements pour analyse génétique et à la banque de données génétiques.
Les mesures nécessaires ciblent les personnes et les activités qui portent atteinte à la sécurité et au bien-être des Canadiens. Nous ne pouvons pas oublier quil sagit dune lutte contre le terrorisme et non une lutte contre une communauté, un groupe ou une confession religieuse. La diversité constitue lune des plus grandes forces du Canada, et le gouvernement du Canada prend des mesures pour la protéger. Des mesures seront incluses dans le projet de loi pour sattaquer aux causes profondes de la haine et assurer laffirmation des valeurs canadiennes dégalité, de tolérance et déquité, à la suite des attentats du 11 septembre dernier. Ces mesures comprennent :
la modification du Code criminel afin déliminer la propagande haineuse sur Internet et créer une nouvelle infraction de méfait visant les lieux de culte ou les biens appartenant à un organisme religieux; la modification de la Loi canadienne sur les droits de la personne pour interdire les messages haineux transmis non seulement par téléphone, mais au moyen de toute technologie de télécommunication.
La Loi antiterroriste proposée est bien mesurée de façon à respecter les droits et les libertés des Canadiens et des Canadiennes. Par exemple, la portée des dispositions du Code criminel est clairement définie pour faire en sorte quelles sappliquent uniquement aux terroristes et aux groupes terroristes. La Loi devra également faire lobjet dun examen parlementaire dans trois ans.
La portée de la Loi antiterroriste proposée est conforme au cadre juridique du Canada, y compris la Charte canadienne des droits et libertés, lobligation de suivre une procédure équitable, le consentement du procureur général et une révision judiciaire sil y a lieu. Ces mesures sont également conformes aux actions prises par les partenaires internationaux du Canada contre le terrorisme.
« Les mesures que nous déposons créent un juste équilibre entre les libertés civiles et la sécurité nationale, et illustrent notre ferme intention de faire en sorte que les Canadiens et les Canadiennes ne soient pas paralysés par des actes terroristes », a déclaré la ministre McLellan.
Ce projet de loi sinscrit dans la tradition et la contribution bien ancrée du Canada à la campagne mondiale de lutte au terrorisme. En vertu du Code criminel, les terroristes peuvent déjà être poursuivis pour détournement davion, pour meurtre ou pour dautres actes de violence. Les tribunaux canadiens peuvent aussi juger différents actes terroristes commis à létranger afin que les terroristes, peu importe où ils agissent, soient traduits devant la justice. Le Canada a déjà ratifié 10 des 12 conventions des Nations Unies de contre-terrorisme, et ce projet de loi lui permettra de ratifier les deux dernières. La législation proposée vient aussi sajouter à la réglementation déposée par le gouvernement du Canada le 3 octobre 2001, à la suite de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies cherchant à isoler les terroristes de leurs sources de financement
Rens. :
| Farah Mohamed Cabinet de la ministre McLellan (613) 992-4621 |
Dan Brien Cabinet du ministre MacAuley (613) 991-2924 |
| Sanjeev Chowdhury Secrétaire de presse Cabinet du ministre des Affaires étrangères (613) 995-1851 |
Visitez les sites Web suivantes pour plus d'information:
Ministère de la Justice : www.canada.justice.gc.ca
Solliciteur générale du Canada : www.sgc.gc.ca
Ministère des affaires étrangères et du commerce international : www.dfait.maeci.gc.ca
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INFORMATION
Points saillants de la Loi antiterroriste
Le gouvernement du Canada a la ferme intention de prendre des mesures visant à combattre le terrorisme et les activités terroristes tant au pays quà létranger. De nouvelles mesures antiterroristes sévères créent un juste équilibre entre le respect des valeurs canadiennes déquité et le respect des droits de la personne, tout en assurant une meilleure protection des Canadiens et des Canadiennes ainsi que de la collectivité mondiale dans son ensemble.
Ce train de mesures crée des mesures pour identifier, poursuivre en justice, condamner et punir les groupes terroristes; fournit de nouveaux instruments denquête aux organismes dapplication de la loi et aux agences de sécurité nationale; et assure la préservation des valeurs canadiennes de respect et déquité tout en luttant contre les causes profondes de la haine au moyen de lois plus strictes contre la propagande et les crimes haineux.
IdentifIER, pOURSUIVRE EN JUSTICE, CONDAMNER ET PUNIR LES TERRORISTES
Au Canada, les activités terroristes ont toujours été traitées comme des actes criminels. En vertu du Code criminel, les terroristes peuvent déjà être poursuivis pour détournement davion, pour meurtre et pour dautres actes de violence. Le gouvernement du Canada a signé les 12 conventions et protocoles des Nations Unies liées au terrorisme et en a ratifié 10, y compris ceux qui protègent les aéronefs, laviation civile et les aéroports, le transport international, les personnes jouissant dune protection internationale et les diplomates contre toute atteinte à leur sécurité; qui assurent la sécurité des matières nucléaires; et qui empêchent la prise dotages et les attentats terroristes à lexplosif.
Grâce aux mesures antiterroristes proposées, le Canada ratifiera les deux dernières conventions sur le contre-terrorisme :
| La Convention pour la répression du financement du terrorisme vise le gel des biens des terroristes en interdisant de se servir dun bien appartenant à une personne qui se livre à des activités terroristes, et en interdisant de rendre disponibles des biens, des services financiers ou connexes à des terroristes. Les mesures proposées remplissent les obligations du Canada en vertu de cette convention et permettent à un juge de la Cour fédérale dordonner le blocage et la saisie de biens utilisés à des fins dactivités terroristes. Seuls quatre autres États ont ratifié cette convention. |
| La Convention pour la répression des attentats terroristes à lexplosif comporte des dispositions concernant le ciblage de lieux publics, dinstallations gouvernementales ou dinfrastructures ou de réseaux de transport par des attentats à lexplosif ou autres dispositifs meurtriers, y compris des agents chimiques ou biologiques. Vingt-neuf États ont ratifié cette convention. |
Le Canada sera également en mesure de ratifier la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé qui vise lassurance de la sécurité du personnel des Nations Unies, y compris le personnel chargé du maintien de la paix, contre toute attaque à leur endroit, les locaux officiels, les logements privés et les modes de transport du personnel.
En vertu de ces propositions, le Code criminel serait modifié en vue de mettre en uvre ces conventions des Nations Unies et, dans une plus large mesure, détablir des dispositions visant à démanteler les activités des groupes terroristes et à mettre ces derniers hors détat, ainsi que ceux qui les soutiennent. Il sagit notamment de ce qui suit :
Définir « activité terroriste » dans
le Code criminel comme une action commise au Canada ou à létranger qui :
|
La définition est circonscrite avec soin afin dexprimer clairement que déranger un service essentiel nest pas une activité terroriste si cette perturbation a lieu lors dune manifestation légale ou dune grève et na pas comme objet de causer de graves blessures à des personnes.
| Permettre la désignation de groupes dont les activités répondent à la définition dactivité terroriste comme étant des « groupes terroristes ». |
Ce cadre de définition et de désignation guidera clairement les corps policiers, les procureurs, les tribunaux et la population au sujet de ce qui constitue un groupe ou une activité terroriste, tout en protégeant les activités licites dorganisations politiques ou lobbyistes légitimes. Il sert de fondement aux nouvelles infractions du Code criminel, qui font désormais des actes criminels les infractions suivantes :
| Quiconque sciemment réunit ou fournit des fonds, directement ou non, dans lintention de commettre des crimes terroristes. À laide de cette définition, la Couronne doit prouver que laccusé a réuni, fourni ou rendu disponibles des fonds en sachant bien quils seraient utilisés pour aider un groupe terroriste. Les tribunaux canadiens auraient le pouvoir de poursuivre des personnes pour cette infraction même si elle a été commise à létranger lorsque ces personnes se trouvent au Canada. Quiconque est coupable de cette infraction est passible dune peine maximale de 10 ans demprisonnement. |
| Quiconque sciemment participe, contribue aux activités dun groupe terroriste ou les facilite. La participation ou la contribution en soi nest pas nécessairement un acte criminel et doit inclure le recrutement délibéré de nouvelles personnes dans le but daccroître la capacité du groupe de se livrer à une activité terroriste ou de la faciliter. La peine maximale pour avoir participé ou contribué serait de 10 ans demprisonnement. La peine maximale pour avoir facilité des activités terroristes serait de 14 ans demprisonnement. |
| Quiconque donne de la formation pour exécuter une infraction de terrorisme ou une activité terroriste au nom dun groupe terroriste (une infraction de « leadership »). Quiconque est coupable dune telle infraction est passible dun emprisonnement à perpétuité. |
| Sciemment héberger ou cacher un terroriste. Quiconque est coupable dune telle infraction est passible dune peine maximale de 10 ans demprisonnement. |
De plus, toute infraction à une loi du Parlement qui est commise à lavantage ou sur les instructions dun groupe terroriste ou de concert avec celui-ci, est passible dune peine maximale demprisonnement à perpétuité. Quiconque est coupable de toute infraction qui est aussi une activité terroriste est passible demprisonnement à perpétuité.
Le Code criminel stipulerait également que les peines imposées pour chacune de ces infractions devront être purgées consécutivement à toute autre peine imposée relativement à une autre infraction liée à la même activité ou au même événement. Le contrevenant ne serait pas admissible à la mise en liberté sous condition pour plus de la moitié de la durée de sa peine à moins quil ne prouve que ce nest pas dans lintérêt du public. Cette approche est analogue à celle du projet de loi C-24, projet de loi du gouvernement du Canada sur le crime organisé, et témoigne de la gravité de ces crimes.
Outre ces réformes du Code criminel, la nouvelle définition et la nouvelle désignation faciliteraient la radiation ou le rejet de statut dorganisme de bienfaisance à des groupes désignés en vertu de la Loi canadienne sur limpôt.
En vue dassurer que les tribunaux seront en mesure de faire face à une recrudescence de cas dapplication des lois, dappels et de révisions relativement au nouveau plan du gouvernement en matière dantiterrorisme, les mesures permettraient daugmenter le nombre de postes de juge de la Cour fédérale jusquà concurrence de 15 juges. Sur ces postes, 13 pourraient être ajoutés au tribunal de première instance, et deux à la Cour dappel.
MEILLEURS OUTILS DENQUÊTE
Les groupes terroristes tirent de plus en plus profit de techniques pointues pour avancer et dissimuler leurs activités. Les organismes dapplication de la loi et les agences de sécurité nationale doivent être en mesure de mener efficacement des enquêtes sur des personnes et des groupes qui pourraient présenter une menace à la sécurité des Canadiens et des Canadiennes. Les mesures antiterroristes proposées du gouvernement du Canada donneraient de nouveaux instruments denquête aux agences du renseignement et aux organismes dapplication de la loi pour mieux recueillir et acquérir des connaissances au sujet des groupes terroristes. Elles assureraient également, après la collecte de linformation et la preuve de lexistence dactivités criminelles, que des poursuites soient menées de façon efficace et efficiente. Ces mesures comprendraient ce qui suit :
| Surveillance électronique. Les pouvoirs denquête contenus à lheure actuelle dans le Code criminel et dans le projet de loi C-24 qui facilitent lutilisation de la surveillance électronique des organisations criminelles sappliqueraient aux groupes terroristes. Cela comprend lélimination de la nécessité de prouver que la surveillance électronique est un « dernier recours » dans le cadre dune enquête sur des terroristes. Les mesures législatives proposées prolongeront la période de validité de lautorisation dinterception des communications qui passerait de soixante jours à lheure actuelle, à un an lorsque les policiers enquêtent sur un groupe terroriste. Un juge de la Cour supérieure devrait toujours approuver le recours à la surveillance électronique afin de veiller à ce que ces pouvoirs soient utilisés de façon appropriée. De plus, lexigence selon laquelle il faut informer une personne quelle a été la cible dune surveillance pourrait être différée jusquà trois ans suite à celle-ci. |
Les corps policiers et les agences du renseignement doivent disposer de suffisamment de temps pour faire enquête sur ces crimes complexes, puisque la planification des opérations terroristes peut prendre des mois ou des années.
| La Loi sur les secrets officiels serait modifiée pour englober les préoccupations visant la sécurité nationale, y compris les menaces que constituent lespionnage par des puissances étrangères et des groupes terroristes, et lintimidation ou la coercition à légard des collectivités au Canada. La Loi aurait également un nouveau titre Loi sur la protection de linformation. |
De nouvelles infractions seraient créées pour contrer les activités de collecte de renseignements menées par des puissances étrangères et des groupes terroristes. Cela permettrait de défendre les intérêts canadiens contre toute menace ou tout préjudice en protégeant les infrastructures essentielles de toute effraction ou sabotage. Les autres infractions nouvelles comprennent la communication non autorisée de renseignements opérationnels spéciaux par des personnes tenues au secret à perpétuité, lhébergement, les menaces ou actes de violence afin daugmenter la capacité dune puissance étrangère ou dun groupe terroriste de porter atteinte aux intérêts canadiens. Les propositions créeraient également une infraction visant les « actes préparatoires », ce qui criminaliserait le fait de se préparer à perpétrer tout acte ci-dessus.
| La Loi sur la preuve au Canada serait modifiée pour englober des changements concernant les procédures devant les tribunaux et autres en vue dassurer la protection des renseignements protégés sil y a lieu. Les renseignements protégés contre toute divulgation pourraient, par exemple, menacer les intérêts vitaux dun autre pays ou compromettre des réseaux du renseignement. Les mesures antiterroristes proposées établiraient une procédure détaillée visant à équilibrer la nécessité de protéger les renseignements reliés à lintérêt national et celle dassurer un procès équitable et transparent. |
La Loi sur la défense nationale serait modifiée pour clarifier le mandat du Centre
de la sécurité des télécommunications (CST), afin, sous des contrôles
stricts :
|
La permission du ministre de la Défense nationale serait nécessaire pour autoriser toute interception de communications privées afin dassurer la protection de la vie privée des Canadiens.
Ces mesures permettraient au CST de recueillir des renseignements à létranger concernant des groupes terroristes en vue de protéger les Canadiens et la sécurité nationale contre toute activité terroriste, de même que les réseaux de communications du gouvernement canadien contre les terroristes.
| Le Code criminel serait modifié afin de faire comparaître devant un juge toute personne possédant des renseignements relatifs à une enquête en cours sur un crime terroriste afin que cette personne divulgue cette information. Cette mesure nécessiterait le consentement du procureur général et augmenterait la capacité des organismes dapplication de la loi de mener des enquêtes efficaces et dobtenir des éléments de preuve au sujet dorganisations terroristes, sous réserve des mesures juridiques de protection des témoins. |
| Le Code criminel serait modifié pour créer un pouvoir « darrestation préventive » et dimposition des conditions de la libération, sil y a lieu, pour toute personne soupçonnée de terrorisme, pour empêcher toute activité terroriste et protéger la vie des Canadiens. Cela permettrait à un agent de la paix darrêter une personne et de la faire comparaître devant un juge afin de lui imposer des conditions de supervision raisonnables sil existe des motifs raisonnables de soupçonner que la personne est sur le point de commettre une activité terroriste. Une ordonnance serait requise sauf lors dune situation durgence, et cette personne devrait comparaître devant un juge dans les 24 heures suivant son arrestation. |
| La Loi sur le recyclage des produits de la criminalité serait modifiée en vue dautoriser le Centre danalyse des opérations et déclarations financières du Canada (CAODFC/FINTRAC) à détecter les transactions financières susceptibles de porter atteinte à la sécurité du Canada et à divulguer cette information au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). |
| Les mandats relatifs aux analyses génétiques et la banque nationale de données génétiques seraient élargis pour inclure les infractions de terrorisme. Le Parlement a promulgué des modifications au Code criminel en 1995 pour créer la disposition sur les mandats autorisant les prélèvements pour analyse génétique. Un certain nombre de crimes terroristes a été inclus dans la liste dinfractions désignées pour lesquelles un mandat autorisant une analyse génétique pouvait être émis au cours dune enquête criminelle. En 1998, la Banque nationale de données génétiques a été créée. En vertu des modifications proposées, les crimes terroristes, y compris ceux qui figurent déjà au Code criminel et ceux qui sont créés en vertu du train de mesures législatives proposées, seraient ajoutés à une liste « dinfractions primaires » pour lesquels des échantillons dADN peuvent être prélevés et conservés. |
Le Canada signera aussi la Convention du Conseil de lEurope sur le cybercrime. Cette Convention exige de criminaliser certaines formes dabus des systèmes informatiques et certains crimes, tels que le piratage, lorsquils sont commis au moyen dordinateurs. La convention appuie également la coopération internationale en vue de détecter, de faire enquête sur les auteurs de ces infractions criminelles et de les poursuivre, et en vue de recueillir des éléments de preuve électroniques de toute infraction criminelle, y compris les crimes terroristes, le financement de terroristes et des infractions de blanchiment dargent. Dautres activités interdites par la convention comprennent notamment linterférence de systèmes informatiques, la fraude et lusage de faux. Le Canada ratifierait ultérieurement la convention.
VÉRIFICATIONS ET EXAMENS DÉTAILLÉS
Les propositions législatives de la Loi antiterroriste ciblent les organisations terroristes et aideront le gouvernement du Canada à relever lextraordinaire défi que constitue le terrorisme. Toutefois, le train de mesures comporte aussi des vérifications et des examens pour garantir la conformité avec le cadre juridique du Canada, y compris la Charte canadienne des droits et libertés. Les garanties comportent ce qui suit :
| rendre obligatoire un examen parlementaire de la législation antiterroriste dans trois ans. |
| définir clairement les dispositions afin quelles ciblent les terroristes et les groupes terroristes. Lactivisme politique et les manifestations légitimes sont toutefois protégés grâce à une définition précise des activités terroristes. |
| placer le fardeau de la preuve sur lÉtat afin détablir que laccusé avait lintention « de faciliter une activité terroriste ou de sy livrer ». |
| assurer que le processus par lequel un groupe est ajouté à linscription des terroristes incorpore un certain nombre de protections, y compris des dispositions visant la suppression, la révision judiciaire et des garanties relativement aux cas derreur sur la personne. La liste doit également être révisée tous les deux ans par le Solliciteur général. |
| rendre obligatoire le consentement du procureur général pour les poursuites des auteurs dinfractions liées au financement du terrorisme. |
| rendre obligatoire lautorisation du ministre de la Défense pour que le Centre de la sécurité des télécommunications intercepte les communications étrangères qui peuvent avoir un lien canadien. |
LOIS PLUS FERMES CONTRE LA PROPAGANDE ET LES CRIMES HAINEUX
À la suite de lattentat du 11 septembre, les Canadiens ont demandé un nouvel engagement envers les valeurs canadiennes de respect, dégalité, de diversité et déquité ainsi quune condamnation ferme des actes de violence motivés par la haine qui ont été commis au Canada et ailleurs contre des innocents. Il sagit dune campagne contre les terroristes et non contre une collectivité, un groupe ou une confession religieuse. Le gouvernement du Canada propose des changements à des mesures législatives qui sattaquent aux causes profondes de la haine, réaffirment les valeurs canadiennes et assurent le renforcement du respect que porte le Canada envers la justice et la diversité. Les mesures proposées comprendraient ce qui suit :
| des modifications au Code criminel qui permettraient aux tribunaux dordonner la suppression de propagande haineuse accessible au public dans les systèmes informatiques tels quun site Web. Les personnes qui ont affiché un tel matériel auraient loccasion de convaincre le tribunal que le matériel ne constitue pas une propagande haineuse. Cette disposition sappliquerait à la propagande haineuse présente dans des systèmes informatiques canadiens, quel que soit lendroit où se trouve le propriétaire du matériel ou quon puisse ou non lidentifier. |
| des modifications au Code criminel qui créeraient une nouvelle infraction de méfait motivé par un préjudice ou la haine fondée sur la religion, la race, la couleur ou sur lorigine nationale ou ethnique, commise contre un lieu de culte ou une propriété religieuse connexe. Cette infraction serait passible dune peine maximale de 10 ans demprisonnement en cas de poursuite par mise en accusation ou dune peine maximale de dix-huit mois en cas de déclaration de culpabilité par procédure sommaire. |
| des modifications à la Loi canadienne sur les droits de la personne pour souligner que lutilisation de téléphone, dInternet ou de tout autre moyen de communication à des fins de haine ou de discrimination est interdite. |
Ministère de la Justice
Le 15 octobre 2001
FICHE D'INFORMATION
Loi antiterroriste proposée par le
Canada
oeuvrer avec nos partenaire internationaux
La Loi antiterroriste que propose le Canada est conforme aux lois antiterroristes de nos partenaires internationaux et constitue un élément important de notre engagement à éliminer et à démanteler la menace terroriste mondiale. Parallèlement, les valeurs canadiennes ont été confirmées dans le cadre d'une approche fondée sur des principes qui comprennent un juste équilibre en vue de garantir le respect des droits des Canadiens et des Canadiennes.
Les lois de chaque pays doivent témoigner de ses besoins particuliers et de sa structure juridique propre. Même si les objectifs des lois antiterroristes des pays se ressemblent beaucoup, la méthode adoptée par chaque pays pour les atteindre est différente. Par exemple, certains éléments du train de mesures législatives antiterroristes que propose le Canada, comme 1'éventail détaillé d'infractions liées à la participation, à la facilitation, à la formation et au financement des terroristes, peuvent ne pas exister dans les autres pays.
Il existe, toutefois, des similitudes entre la loi que propose le Canada et celles des États-Unis et du Royaume-Uni, notamment :
Les trois juridictions définissent soit le terrorisme soit les actes de terrorisme pour englober les activités que peuvent commettre les terroristes.
Les trois juridictions décrivent un certain nombre d'infractions qui sont considérées comme du terrorisme ou des actes terroristes. Par exemple, aider, encourager ou soutenir les terroristes est une infraction au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni, tout comme le financement d'organisations terroristes et le blanchiment d'argent.
Les trois pays peuvent désigner des groupes et des organisations comme étant des groupes terroristes.
Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni auront la capacité de poursuivre en justice les terroristes accusés se trouvant sur leur territoire pour des crimes terroristes perpétrés dans d'autres pays.
Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni pourront tous imposer une forme d'arrestation à titre préventif de personnes soupçonnées de terrorisme afin de prévenir les activités terroristes et de sauver des vies.
Le Canada et les États-Unis auront recours à une audience d'enquête devant un juge afin d'obtenir la preuve de témoins directs.
Les trois pays auront la capacité d'assurer une plus grande sécurité frontalière.
Les propositions permettront de renforcer la capacité du Canada d'assurer la sécurité de l'information en vertu de la Loi sur la protection de l'information, anciennement la Loi sur les secrets officiels, pour la mettre en conformité avec celles des États-Unis et du Royaume-Uni.
Le Canada entend continuer à collaborer avec la communauté internationale pour assurer la conformité de ses mesures législatives avec les approches mondiales.
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FICHE D'INFORMATION
La Loi antiterroriste proposée vise un juste équilibre
Les propositions législatives vigoureuses proposées dans la Loi antiterroriste sattaquent aux organisations terroristes et renforcent linvestigation, la poursuite en justice et la prévention des activités terroristes tant au Canada quà létranger. Ces mesures nécessaires aideront le gouvernement du Canada à relever les défis extraordinaires auxquels nous faisons face aujourdhui. Le train de mesures comprend également des mécanismes déquilibre qui visent à garantir la cohérence du cadre juridique du Canada, y compris la Charte canadienne des droits et libertés. Les garanties suivantes ont été mises en place :
| La portée des dispositions est clairement circonscrite de sorte quelles visent seulement les terroristes et les groupes de terroristes. Lactivisme politique et les manifestations légitimes sont également protégées par la définition précise de ce que constitue une activité terroriste. |
| Au chapitre des infractions de participation et de contribution, le fardeau de la preuve incombera à lÉtat qui devra établir que laccusé avait lintention « de faciliter une activité terroriste ou de sy livrer ». |
| Lajout dun groupe à linscription des terroristes incorpore un certain nombre de protections y compris des dispositions visant la suppression, la révision judiciaire et des garanties relativement aux cas derreur sur la personne. La liste doit également être révisée tous les deux ans par le Solliciteur général. |
| Des garanties procédurales incorporées dans le plan de confiscation civil comprennent la protection par le tribunal des droits des membres de la famille sur la résidence principale, laccès aux biens pour faire en sorte de satisfaire les besoins de subsistance raisonnables et les frais juridiques ainsi que les procédures dappel. |
| Le Procureur général doit consentir aux poursuites des auteurs du financement des infractions du terrorisme. LÉtat doit établir que laccusé savait que les fonds ou les ressources étaient utilisés pour planifier, faciliter ou exécuter des actes terroristes. |
| Les dispositions visant le Centre danalyse des opérations et déclarations financières du Canada ne permettront pas la divulgation complète des dossiers analytiques directement aux organismes dapplication de la loi et du renseignement, sauf sur mandat de magistrat pour des motifs raisonnables ou sur autorisation du ministre. |
| Pour remplir son mandat de recueillir des renseignements étrangers, le Centre de la sécurité des télécommunications doit recevoir le consentement du ministre de la Défense pour intercepter les communications provenant de sources étrangères ou à destination de létranger à partir du Canada. Le ministre doit être convaincu que des mesures pour protéger la vie privée des Canadiens soient en place avant de donner son consentement. |
| Les policiers peuvent recourir à des dispositions darrestation à titre préventif pour quune personne soupçonnée de terrorisme soit conduite devant un juge, lorsquils ont des motifs raisonnables de croire quune activité terroriste sera menée et de soupçonner que limposition de conditions darrestation est nécessaire pour prévenir une activité terroriste. La menace doit être précise et viser une personne en particulier. Sauf en cas de situation urgente, le Procureur général doit y consentir. Dans tous les cas, la détention doit faire lobjet dune révision judiciaire dans un délai de 24 heures. De plus, le consentement du Procureur général est nécessaire avant de pouvoir demander à un juge dimposer des conditions de supervision à la mise en liberté de la personne ou à la détention prolongée de la personne (jusquà un maximum ou une durée supplémentaire de 48 heures). |
| En vertu des dispositions visant laudience dinvestigation, le juge peut ordonner linterrogation dun témoin direct. Pour quune audience denquête ait lieu, le juge doit être satisfait que le Procureur général la autorisée et quil existe des motifs raisonnables de croire quun acte terroriste a été commis ou le sera. De plus, pendant laudience, les personnes sont protégées contre lauto-incrimination, et les lois relatives à limmunité et à la non-divulgation de renseignements ainsi que le droit à un avocat continuent de sappliquer. La loi donne au juge le pouvoir dinclure dans lordonnance de rassemblement de preuves des modalités protégeant les intérêts du témoin et de tierces parties. |
| Les mesures contenues dans le projet de loi seront assujetties à un examen par des comités parlementaires après trois ans. |